mardi 14 septembre 2010

Je suis parti - Jean Leloup

La plaine est morne sous la pluie,
Nuages bas, le temps est gris,
La plaine est morne sous le deuil,
Nuages bas, le temps est gris,

Je suis partie de ma famille,
Il ne faut jamais revenir,
Quand le soleil jamais ne brille,
Quand le meilleur devient le pire,

J'ai erré et voyagé,
Et même si je pense à toi,
À toutes les heures de la journée,
Et même si je pense à toi,
Jamais je ne reviendrai,

S'il faut recommencer la bataille,
Je laisse tomber,
Je ne suis pas de taille,
Je ne veux plus me battre avec toi,
Je ne veux plus me battre avec toi,

Je suis parti comme un voleur,
Je suis parti sans faire d'erreur,
Comme le boureau coupe d'un coup,
Du comdamné le pauvre cou,

Quand tout à coup l'amour n'est plus,
Que douleur au fond de notre être,

La plaine est morne sous la pluie,
Nuages bas, le temps est gris,
La plaine est triste sous le deuil,
Et la carcasse du chevreuil,

Je suis partie de ma famille,
Il ne faut jamais revenir,
Quand le soleil jamais ne brille,
Quand le meilleur devient le pire,

J'ai erré et voyagé,
Et même si je pense à toi,
À toutes les heures de la journée,
Et même si je pense à toi,
Jamais je ne reviendrai,

S'il faut recommencer la bataille,
Je laisse tomber,
Je ne suis pas de taille,
Je ne veux plus me battre avec toi,
Je ne veux plus me battre avec toi,

Je suis parti de ma famille,
il ne faut jamais revenir,
Quand le soleil jamais ne brille,
Quand le meilleur devient le pire,

Quand tout à coup,
L'amour n'est plus,
Que douleur au fond de notre être,
Et que plus aucune fenêtre,
Ne laisse passer le beau temps.
...
Nuages bas le temps est gris...
La plaine est morne sous la pluie,
Nuages bas, le temps est gris,
Nuages bas, le temps est gris,
Les arbres rares perdent leurs feuilles,
La plaine est triste sous le deuil,

Je suis parti de ma famille,
Il ne faut jamais revenir,
Quand le soleil jamais ne brille,
Quand le meilleur devient le pire,

Et j’ai erré, et j’ai erré,
Et j’ai erré, et j’ai erré,

Et j’ai erré et voyagé,
Et même si je pense à toi,
à toutes les heures de la journée,
Et même si je pense à toi,
Jamais je ne reviendrai,

S’il faut recommencer la bataille,
Je laisse tomber, je ne suis pas de taille,
Je ne veux plus me battre avec toi,
Je ne veux plus me battre avec toi,

Je suis parti de ma famille,
Il ne faut jamais revenir,
Quand le soleil jamais ne brille,
Quand le meilleur devient le pire,

Je suis parti comme un voleur,
Je suis parti sans faire d’erreur,
Comme le bourreau coupe d’un coup,
Du condamné le pauvre cou,

Quand tout à coup l’amour n’est plus,
Que douleur au fond de notre être,
Et que plus aucune fenêtre,
Ne laisse passer le beau temps,

Et j’ai erré, et j’ai erré,
Et j’ai erré, et j’ai erré,

La plaine est morne sous la pluie,
Nuages bas, le temps est gris,
Nuages bas, le temps est gris,
La plaine est morne sous le deuil,
Et la carcasse du chevreuil,

Je suis parti de ma famille,
Il ne faut jamais revenir,
Quand le soleil jamais ne brille,
Quand le meilleur devient le pire,

Je suis parti, je suis parti...

2010-09-14

Le cadavre de mon insouciance était étendu sur le sol, les yeux ouverts, le regard vitreux, perdu dans l’étendue du ciel qui s’ouvrait devant lui, peuplé d’étoiles et de néant. J’eus peur alors que ces yeux qui étaient miens ne peuvent rien voir de plus que cette étendue d’infini. Il y avait tellement  plus à voir, tellement mieux aussi. Ces oreilles éteintes, et à jamais sourdes ne pourraient plus entendre ces joies dont elles n’avaient pas assez profité : cette musique, cette trame sonore qui s’étaient arrêtées sur la note mélodrame d’un dernier battement, d’un dernier cri. Tout simplement. Trop simplement. Cette peau glacée ne pourrait jamais plus faire usage du plaisir qu’elle pouvait s’accorder. Cet odorat ne pourra plus jamais sentir cette flagrance de l’amour. Je suis morte avant même de savoir la vérité sur ce monde insouciant, sur ce monde incompréhensible. Chère jeunesse perdue, chère vie abattue, qu’ais-je dont faire pour mériter cette mort précoce ? Qui aurait cru que la vie s’arrêterait ainsi ? Qui aurait cru que je reposerais là, figée dans cette mort effrayante et délicieuse? Que je mourrais ainsi, telle une simple mortelle ? Qu’adviendrait-il à cette âme qui a aimé, qui a pleuré, qui a souffert, qui a ri? Pleurez-moi, je vous pris. J’ai trop erré, j’ai trop espéré, voila où tout cela m’a mené. Je suis là, cadavre exquis, figé à jamais sous ce ciel bleu qui fut autrefois, honte à moi, la limite de ma vie.

lundi 16 août 2010

Le temps découle comme de l'or


Sur mon corps brulant

Je la sens se graver sur ma mort

Je le sens s'écouler trop longtemps



J'essaie d'arrêter le flot doré

Mais l'or ruisselle au travers de mes mains

Riant de plus en plus fort, apeuré

Qui sait ce que l'on sera demain



Je hais cet or sans valeur

Ce temps qui me rit au nez

Pourquoi dois-je vivre dans cette peur

De voir tout me quitter



Il continue son chemin

Je suis veine, j'ai tout tenté

Tel est son destin

De venir m'enterrer



Je sens mes larmes se mêler

À mon ruisseau doré

Mais, je sais que je ne peux atténuer

L'odeur du temps passé

vendredi 13 août 2010

137 nuits

Je ne devrais pas penser à autre chose que le mouvement de va-et-vient que je dois effectuer pour satisfaire les désirs et les fantasmes de mon père, mais ce qui occupe mon esprit ne sont ni ses gémissements, ni sa main qui tire mes cheveux : ma mère me revient en tête. Elle se retournerait dans sa tombe si elle voyait son fils de quinze ans faire une telle chose à son ex-mari. Essayant de taire les encore, encore, que mon père cri de plus en plus fort, je me rappelle la lecture du testament, deux ans auparavant, lorsque j'avais appris que ma mère voulait me placer dans un orphelinat si elle mourait ! Malheureusement, j'ai été assez idiot pour croire que mon père s'adoucirait après avoir perdu sa femme. Mais au contraire, cette brute, qui me cri d'aller plus rapidement, a fait naître une nouvelle facette à sa personnalité : l'attirance pour les activités familiales. Étant fils unique, j'ai eu le privilège de bénéficier des avantages. Depuis deux ans, six mois, une semaine et quatre jours, il a mis sa queue dans tous les orifices assez grands qu'il a eu le loisir de découvrir sur mon corps. Mon corps.
Un jet blanc remplit ma bouche. J'ai quinze ans et le sperme de mon père brûle les parois de ma gorge.

Mon père se retire. J'entends le bruit rapide d'une fermeture éclair. Cette brute marmonne doucement quelque chose qui ressemble à bon garçon. Une irrésistible envie de le tuer se traduit par quelques larmes que je tente de cacher. Mais je repense aux trois armes qui dorment dans le garage, et mon envie de meurtre se calme. J'étouffe un cri, apeuré.

Quelques minutes plus tard, sachant que ce con dort enfin, je me lève, rince ma bouche, prend la bouteille d'advil, les croques une après l'autre, jusqu'à ce que ces petits bonbons rouges soient tout disparus. Je me laisse tomber mollement sur mon lit, évanoui. J'ai été violé 137 fois.
Malheureusement, je ne meurs pas. Je dégobille tous ces cachets que j'avais soigneusement avalés. Mon suicide n'a pas réussi. Je suis encore en vie.
Demain, la même scène se reproduira... Demain, je voudrais encore crever.

Me libérant des souvenirs des jours passés, un bruit sec me réveille brutalement : mon père se tient devant moi, un regard dément habite ses prunelles brunes faiblement éclairées par les lampadaires de la rue. Sa ceinture occupe un des recoins de ma chambre. Son pantalon et son caleçon entourent paresseusement ses chevilles. Son membre dur est à quelques centimètres de ma bouche. Du métal glacé touche ma tempe droite. Je sais que j'ai un revolver sur le côté de la tête, mais je n'ai pas peur. Ce soir, je ne le sucerais pas. Il ne crachera pas son venin blanc dans ma bouche. Ce soir, ce sera lui ou moi.

La porte rouge

J'avale le fond de ma bière avec dégoût : je déteste la dernière gorgée de cette boisson au goût de pisse mexicaine. Je m'allume une cigarette et je m'adosse au mur de brique. N'importe quoi. Je déteste boire, je déteste fumer, je déteste Isabelle. Mais ce que je déteste par-dessus tout c'est ce que je suis devenu. Ce qu'elle m'a fait devenir. Mais, pas une seule seconde ne passe sans que je pense à ses yeux turquoise, à ses cheveux noir goudron, à son odeur de gazon fraîchement coupé. Je n'aurai jamais assez d'une vie pour l'aimer comme elle le mérite. Pourtant, malgré tout cet amour qui me dévore le cœur, je me retrouve dans cette foutue ruelle, un fusil à la main, un couteau sur la cheville. L'air est lourd. Ça sent la vengeance.
Jean est venu me porter l'arme ce matin. Quand j'ai passé la commande, j'ai spécifié que je me foutais de la sorte, de l'année, de la couleur... tout ce qui m'importait c'était que je ne rate pas mon coup. Parce que je ne pourrais pas tirer une deuxième fois. Il y a une limite à ce que l'homme peut endurer. Il m'a donné rendez-vous deux rues plus loin, dans une ruelle semblable. Il était nerveux. Un sac brun placé entre ses cuisses m'a fait verser une toute petite larme : je prenais conscience de ce que j'allais faire. Il m'a à peine regardé, m'a dit le montant, et il est parti, après avoir compté les billets. Il ne voulait pas savoir ce que je trafiquais. Il a beau être un marchand d'armes, il ne veut pas se mêler des crimes que ses clients commettent. J'ai regardé dans le sac brun, le fusil et le couteau étaient bel et bien là. Je savais que ce serait bientôt fini.
J'ai l'air d'un type relativement bien vu de l'extérieur. Peut-être parce que je l'ai toujours été. Le genre de gosse qui fait traverser les vieilles dames, le gars qui vit pour aider. C'est un atout, les gens ne me remarquent pas. Un atout que je prends le temps de savourer aujourd'hui. Le flingue glacé me gèle le ventre, le couteau me tranche la cheville : j'endure les derniers instants. Il reste 22 minutes avant qu'elle sorte de la porte métallique rouge.
Une vieille dame passe devant moi, elle me contemple quelques secondes. Je crains que mon regard apeuré ne me trahisse, mais elle repart sans poser de question. C'est la seule et unique personne que je croiserais de la journée, mis à part Jean et Isabelle.
Je repense à la raison qui m'a amenée ici. Le 23 mai 1994. Isabelle m'avait donné deux courtes années de bonheur, jusqu'à ce que je la retrouve avec André, mon meilleur ami du temps, lui donnant ce plaisir charnel que je partageais avec elle. Je ne l'ai jamais digéré. Elle m'a trompée 24 fois avant ça. Je l'ai toujours su. La 25e était de trop. Trop pour ce que je pouvais endurer, malgré le fait que l'aimais, et malgré le fait que je l'aime encore. Quinze années se sont écoulées. Nous sommes le 23 mai 2009. Il reste 10 minutes.
André est mort l'année dernière : un homme ivre l'a percuté. Mort sur le coup. Il n'a pas souffert, lui. Je n'ai pas versé une seule larme. Isabelle, après m'avoir suppliée maintes fois de la reprendre, c'est lassé et c'est remarié à un homme public. Une espèce de merde au sourire moqueur. Elle semble heureuse : si elle aime baiser un crétin, c'est son choix. Elle a eu deux enfants : Marie-Jeanne et Sébastien. Le gars ressemble à son père. La fille, à sa mère. C'est d'une cruauté sans pareille : c'était censé être nos enfants.
Ma main droite tremble tellement que j'ai peur de ne pas pouvoir tirer. Je me ressaisis : il ne me reste que 4 minutes.
J'ai rencontré Isabelle sur la rue. Elle lisait un livre, moi je regardais le sens abris à ma droite. On s'est foncé dedans, comme dans les films. J'avais 20 ans. Pour m'excuser, je l'ai invité à prendre un café. C'est comme ça que notre courte histoire a commencé.
Je regarde dans mon pantalon si mon fusil est toujours en place. Je n'ai pas besoin de vérifier l'arme blanche : je la sens suffisamment.
Une envie de partir subite me pousse à me concentrer sur mon objectif. Cet éclat d'amour que je lui porte semble vouloir prendre le dessus, mais ma colère est trop forte. Je dois rester. Finir ce que j'ai commencé. Puis, le moment tant attendu arrive : la porte rouge s'ouvre, Isabelle sort. Seule. Elle porte cette robe turquoise que j'aimais tant. La même couleur que ses yeux. Elle me regarde surprise, puis terrifiée. Elle sait ce que je suis venue faire.
- T'es pas obligé de faire ça Marc. Tout peut encore s'arranger... S'il te plait.

Son ton suppliant ne m'affecte pas. Je suis en transe, et rien ne pourra me faire changer d'idée. Je sors le fusil. Elle cri, elle hurle même. Elle a la même réaction que lorsque je les ai vus, elle et André, il y a 15 ans.
Je tire.

Elle ne cri plus. Elle se jette sur moi, je m'effondre lentement sur le sol dur. Un trou béant se trouve sur ma poitrine, le sang coule, tachant sa robe. Avant de mourir, je chuchote mes derniers mots, les mêmes que j'ai toujours adoré prononcer :

— Isabelle. Je t'aime Isabelle

L'espoir au travers des cendres

11 septembre 2001, 7h09

Ce n'est pas vraiment le fait d'avoir un café dans une main, un portable sur mes cuisses, des lunettes sur le bout du nez et une musique jazz en trame sonore qui m'aidera à trouver une quelconque inspiration. Outre cette image de parfait écrivain crédible, je n'ai nit l'inspiration ou de réel talent pour ce titre attribué par le New York time l'an dernier. Un simple roman, imaginé, écrit, corrigé et publié en deux ans tout au plus, fût nécessaire pour qu'un journaliste, générateur d'une certaine épidémie d'acclamations, il doit s'en dire, proclame mon travail de best seller, ou encore de ''most beautifull love story wrote since twilight''. Flatté, je reçus de nombreux appels d'éditeurs voulant rendre mes futurs livres encore plus populaires. J'ai peine à croire qu'un simple comptable réussisse à changer de vie en quelques années seulement. J'ai donc passé du petit nouveau du bureau, à grand écrivain new-yorkais. J'ai passé aussi d'un salaire modeste, à un revenu extravagant, d'un 2 et demi, à l'acquisition d'un appartement plus grand que ceux des films américains ... et j'exagère à peine. L'histoire trépidante d'un journaliste international et d'une Africaine démunie fut, semble-t-il, bien accueillie par les lecteurs. Or, cette idée avait germé dans ma tête à la suite de mon voyage en Afrique du Sud, et après plusieurs nuits blanches, j'avais constaté que cette simple idée, c'était transformé en réel projet. La chance m'a souri lorsqu'un ami m'avait présenté à un journaliste, qui m'avait présenté à une maison d'édition. Je me retrouvai alors dans une librairie, quelque temps plus tard, à regarder incrédule un livre bleu, taché de lettres ocres : 12 761 kilometers, by Mark O'connor.
J'avais vécu pendant 3 ans la vie rêvée : une sorte de rêve idéalisé par tout Américain, nommé le Succès. Or, tout ce qui monte, redescends. Matthew, mon éditeur, me suppliait sans cesse d'écrire de nouveau, sans quoi il ne pourrait plus calmer sa maison d'édition, de plus en plus impatiente. Ils étaient tous découragés, y compris moi. Il faut croire que j'avais eu raison, mon roman n'était qu'une chance inexplicable. Je ne pourrais pas répéter cette recette fructueuse.

J'avais réellement essayé : les trucs farfelus et extravagants avaient été testé, rien ni faisait. Je demeurais là, à contempler une page blanche. Et aujourd'hui, c'est encore ce que je fais, espérant réellement trouver une idée, n'importe quoi. Les sentimentaux croyaient que ce dont je manquais était une dose d'amour véritable : moi je croyais qu'il ne me manquait que du talent.
Éreinté, j'allais tout fermer lorsqu'un bruit effrayant, suivi d'une secousse violente me parcourut en entier. Je dévalai les escaliers en trombe, ne comprenant pas ce qui se passait. Une fois dehors, je crus d'abord à une fin du monde. L'air était gris, suffocant. J'assistai alors à ce qui serait l'un des événements le plus horribles de l'humanité, ce dont tout le monde se souviendrait comme les attentats du 11 septembre.

Et puis, au travers de cette poussière, des cris, des pleurs, je vis une femme, dotée d'une grande beauté mis à part son regard de frayeur. Elle emménageait dans l'appartement d'à côté. Une boite s'était écrasée à ses pieds. Un lien étrange nous anima alors : celui d'une cicatrice future et invisible, que les années ne se plairaient pas d'effacer.
6 juillet 2003, 11h36

«Marcher, attendre, avancer, vivre... peut-être même aimer. Tout avait changé depuis que Noah avait été tué. J'avais essayé d'oublier, mais malgré tout j'étais toujours le même homme : un homme en peine. J'avais réussi à apaiser cette souffrance. Or, le ciel était toujours gris. La vie toujours maussade. La mort de son assassin n'avait rien changé. Ma femme, qui n'avait jamais réussi à surmonter la mort de son fils, ne m'était pas revenue. Noah n'était pas revenue. Le souvenir de son rire cristallin et plein de vie s'estompait peu à peu. Je pouvais toujours essayer de courir, de marcher, de pleurer... il ne me reviendrait jamais. J'eus beau fermer les yeux, et prier, lorsque j'ouvrais mes paupières, Noah n'était pas là.


Noah ne serait jamais plus avec moi.»

C'est ainsi que je terminai mon roman. Remplis avec toute la tristesse et tout le désespoir que cette journée nous avait tous inspirés. Peut-importe s'il ne remplissait pas les attendes des lecteurs romantiques qui m'avaient suivie.

Cette journée ne m'avait pas seulement donné cette peine universelle, elle m'avait aussi donné plus important. Cette femme rencontrée ce 11 septembre, que j'ai appris à connaitre sous le nom de Mary, s'était transformée en voisine, en amie, en confidente, en compagne. Et contrairement à ce que je croyais, je dois bien avouer, outre mon orgueil masculin, j'avais bel et bien trouvé de l'inspiration dans l'horreur, mais surtout, dans l'Amour.

Le ruisseau doré

Le temps découle comme de l'or

Sur mon corps brulant
Je la sens se graver sur ma mort
Je le sens s'écouler trop longtemps

J'essaie d'arrêter le flot doré
Mais l'or ruisselle au travers de mes mains
Riant de plus en plus fort, apeuré
Qui sait ce que l'on sera demain
Je hais cet or sans valeur
Ce temps qui me rit au nez
Pourquoi dois-je vivre dans cette peur
De voir tout me quitter

Il continue son chemin
Je suis veine, j'ai tout tenté
Tel est son destin
De venir m'enterrer

Je sens mes larmes se mêler
À mon ruisseau doré
Mais, je sais que je ne peux atténuer
L'odeur du temps passé