Je ne devrais pas penser à autre chose que le mouvement de va-et-vient que je dois effectuer pour satisfaire les désirs et les fantasmes de mon père, mais ce qui occupe mon esprit ne sont ni ses gémissements, ni sa main qui tire mes cheveux : ma mère me revient en tête. Elle se retournerait dans sa tombe si elle voyait son fils de quinze ans faire une telle chose à son ex-mari. Essayant de taire les encore, encore, que mon père cri de plus en plus fort, je me rappelle la lecture du testament, deux ans auparavant, lorsque j'avais appris que ma mère voulait me placer dans un orphelinat si elle mourait ! Malheureusement, j'ai été assez idiot pour croire que mon père s'adoucirait après avoir perdu sa femme. Mais au contraire, cette brute, qui me cri d'aller plus rapidement, a fait naître une nouvelle facette à sa personnalité : l'attirance pour les activités familiales. Étant fils unique, j'ai eu le privilège de bénéficier des avantages. Depuis deux ans, six mois, une semaine et quatre jours, il a mis sa queue dans tous les orifices assez grands qu'il a eu le loisir de découvrir sur mon corps. Mon corps.
Un jet blanc remplit ma bouche. J'ai quinze ans et le sperme de mon père brûle les parois de ma gorge.
Mon père se retire. J'entends le bruit rapide d'une fermeture éclair. Cette brute marmonne doucement quelque chose qui ressemble à bon garçon. Une irrésistible envie de le tuer se traduit par quelques larmes que je tente de cacher. Mais je repense aux trois armes qui dorment dans le garage, et mon envie de meurtre se calme. J'étouffe un cri, apeuré.
Quelques minutes plus tard, sachant que ce con dort enfin, je me lève, rince ma bouche, prend la bouteille d'advil, les croques une après l'autre, jusqu'à ce que ces petits bonbons rouges soient tout disparus. Je me laisse tomber mollement sur mon lit, évanoui. J'ai été violé 137 fois.
Malheureusement, je ne meurs pas. Je dégobille tous ces cachets que j'avais soigneusement avalés. Mon suicide n'a pas réussi. Je suis encore en vie.
Demain, la même scène se reproduira... Demain, je voudrais encore crever.
Me libérant des souvenirs des jours passés, un bruit sec me réveille brutalement : mon père se tient devant moi, un regard dément habite ses prunelles brunes faiblement éclairées par les lampadaires de la rue. Sa ceinture occupe un des recoins de ma chambre. Son pantalon et son caleçon entourent paresseusement ses chevilles. Son membre dur est à quelques centimètres de ma bouche. Du métal glacé touche ma tempe droite. Je sais que j'ai un revolver sur le côté de la tête, mais je n'ai pas peur. Ce soir, je ne le sucerais pas. Il ne crachera pas son venin blanc dans ma bouche. Ce soir, ce sera lui ou moi.
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